Alternatives Etudiantes
Mali

Réflexion au Forum des Peuples sur Jeunesse Emploi Migration

jeudi 10 juillet 2008 par Bourama Bagayoko

Le dimanche 06 Juillet 2008, les activités de la septième édition du Forum des Peuples se sont ouverts à Katibougou dans la commune de Koulikoro au Mali. Forme de contre-G8, le Forum des Peuples est un espace africain d’éducation populaire et d’analyse des politiques néo-libérales. Reproduction du compte-rendu passionnant de la thématique Jeunesse Emploi Migration...

I - LES FONDEMENTS DE LA JEUNESSE

La jeunesse partie intégrante de la vie de l’homme se situant entre l’enfance et l’âge mûr soit sensiblement entre (18- 45) ans est un état dans lequel l’individu qui s’y trouve épouse instinctivement un caractère de changement social, par rapport a son stade précédent (enfance). Ce stade de changement social tant considérable chez l’individu se caractérise le plus souvent par la dépersonnalisation, lui conduisant à des réactions impulsives, voir même des comportements irresponsables , a peine a en croire en lui une perte de connaissance des règles de conduite et les objectifs de la vie sociale , au sein des familles , des groupes communautaires, des entreprises, au sein des divers d’ordres d’enseignement , bref au niveau de la société civile . Les réactions impulsives des jeunes, qui résultent du comportement de l’instinct, fait partie intégrante du fondement de la jeunesse et comprend entre autre les axes suivants :

1 - La culture ; 2 - Le besoin ; 3 - L’engagement ; 4 - La réussite/ la mobilisation sociale.

1 - La culture

La culture constitue un élément du fondement de la jeunesse, elle peut se présenter comme une éducation innée ou un ensemble acquise, une civilisation par rapport à une société, une communauté, une nation. Elle est cependant une éducation qui confère un savoir faire et un savoir être.

La culture dispose d’un acquit pluridimensionnel qui permet de déterminer le comportement d’un individu par rapport à ses besoins, ses désirs et loisirs de même que par rapport à sa communauté, ou sa société.

Bref la culture en tant que premier pilier du fondement de la jeunesse doit être considérée comme source d’interprétation des critères de discernement de l’emploi, et peut beaucoup influencer le comportement des jeunes en la matière, (comportement négatif ou positif) surtout dans le domaine de l’entreprenariat.

Toute fois, mettre en place un projet de développement des jeunes tout en occultant la culture, c’est exclure une partie de la jeunesse de ce milieu à la production des richesses, d’ou réduction de la base économique de survie, source de vulnérabilisassions grandissante des jeunes concernés, qui ne participeront pas à la production. Occulter la culture du programme de développement des jeunes, peut conduire au caractère culturelle de l’organisation des groupes de résistances et des luttes de classes sociales, voir même des conflits. Cette situation pouvant se traduire par un renforcement de la solidarité au sein des groupes, soutenus par des motivations subjectives dues à l’ensemble des valeurs et histoires qui peuvent renforcer les groupes. Par conséquent les différents projets d’emploi (APEJ - Emploi – Jeunes - Bureaux privés pour emploi etc.), doivent tenir compte de l’aspect culturel, dans leur s politiques d’emploi, pour une plus grande efficacité et de réussite dans les actions à entreprendre.

2 Le besoin

Le besoin constitue le deuxième élément sur lequel se fonde les objectifs de la jeunesse. IL se manifeste comme une nécessité un manque une chose nécessaire qui dans le domaine de l’emploi jeune correspond à un concept généralement utilisé non seulement comme source de conception, d’élaboration des projets et programmes de développement ou d’emploi, mais aussi comme facteur essentiel de réalisation des objectifs des dits programmes ou projets. Dans tous les cas, le besoin se situe au niveau de l’interaction entre l’homme et son environnement, d’où il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories :

- Les besoins primaires
- Les besoins secondaires
- Les besoins fondamentaux.

Cependant ces besoins sont subjectives et dépendent des individus et du contexte social, ex : besoin d’équipement, d’éducation surveillée ; de création d’un cabinet médical, d’un centre de couture mixte etc. En somme dans le cadre de la politique d’emploi, le besoin doit être formulé en termes de ressources, liées à la société, tandis que les envies des jeunes peuvent être transformées en besoin pour la résolution de leur problème d’emploi.

3 L’engagement

L’engagement dans le cadre de l’emploi jeune peut être considéré comme le (4è) quatrième piler du processus de changement social chez les jeunes qui comporte entre autre :
- La prise de conscience ;
- La prise de décision ;
- La volonté politique ;
- L’engagement politique.

L’engagement est une action indispensable pour le développement qui est à la fois ‘’une combinaison des changements mentaux et sociaux d’une population qui la rendent apte a faire croître cumulativement et durablement son produit réel global ‘’ L’engagement pouvant être considéré comme le socle du développement, nous pouvons alors affirmer :

- QU’il n’y a pas de développement sans prise de conscience ;
- QU’il n’y a pas de prise de conscience sans prise de décision ;
- QU’il n’y a pas de prise de décision sans volonté politique ;
- QU’il n’y a pas de volonté politique sans engagement politique.

4 La Réussite /Mobilisation SOCIALE

Elle est le résultat favorable obtenu à partir d’une action d’une activité menée.

Cependant la réussite des activités d’une jeunesse à partir des projets ou programmes de développement est en grande partie soutenue par la Mobilisation des intéressés aux activités ciblées en tant que processus de participation, de contribution, soit de manière physique, intellectuelle, financière ou matérielle, dans la réussite des objectifs fixés.

La jeunesse doit se remobiliser et participer aux processus de développement du pays, par la résolution de son propre problème, tout en prenant des initiatives, des risques de transformer le potentiel des problèmes posés en objectifs.

II - RAPPORT JEUNESSE EMPLOI

L’emploi étant l’usage que l’on fait d’une chose, d’un travail et d’une fonction ou d’une place, il constitue un besoin fondamental de la jeunesse qui doit être formulée en terme de ressources liées à la société dans laquelle elle se trouve. Le rapport jeunesse emploi est relationnel et doit tenir compte des axes de fondement de la jeunesse a savoir :

- La culture ;
- Le besoin ;
- L’engagement ;
- La réussite/la mobilisation.

Selon les experts de travail social, // Mieux vaut faire connaître à un chômeur les raisons de son chômage plutôt que de lui chercher un emploi.// Cette connaissance permettrait ainsi au chômeur de chercher a éradiquer le problème central afin de le résoudre une fois pour toute.

III - RAPPORT JEUNESSE - MIGRATION

La migration qualifie le déplacement en masse d’un peuple d’un pays dans un autre pays. Elle qualifie aussi le déplacement périodique des animaux dans un pays à haute potentialité d’élevage extensive, dominé par le nomadisme à outrance.

La migration actuelle des jeunes est un héritage issu des ancêtres, mais elle se situe dans un contexte socio économique de lutte contre la pauvreté, et apparaît comme une stratégie en la matière. Ce faisant la migration dans les d’Afrique, particulièrement au Mali connaît un flux migratoire vers l’Europe.

Au Mali la diaspora compte à l’extérieur 400000 personnes dont 100 .000 sensiblement en France : En terme d’avantage, la répercutions pour les pays africains est importante en matière de finance et de transport, mais regrettable par la fuite des cerveaux. En terme d’inconvenant, l’on constate des pertes inestimables en vie humaines dans le désert, aux îles Canaris, dans les océans indiens, atlantiques, ou Méditerranée.

L’arrivée des flux migratoires illégaux, suscite des sentiments xénophobes et racistes dans les pays destinataires, surtout pour les ressortissants des pays africains. Ce flux migratoire pose d’énormes problèmes tant aux pays d’origines qu’aux pays d’accueil, si l’on de note annuellement un départ massif du continent, 800.000personnes qualifiées dont 23000 professionnelles. Les ambitions de cette jeunesse migrantes sont souvent vouées à l’échec suite aux difficultés de départ et de séjour dans les pays d’accueil.

IV - CONCLUSION / SUGGESTION :

La migration étant un fait incontestablement difficile à stopper et liée à la pauvreté grandissante, la seule solution de riposte serait :

- D’une part la recherche des solutions durables aux problèmes D’emploi ;

- D’autre part la formation d’une main d’œuvre qualifiée ; ainsi que la Révision du cursus de formation dans les établissements D’enseignement de tous ordre, action pouvant contribuer Positivement à la réussite de la politique de l’emploi au Mali et Réduire le flux de migration
- La multiplication des centres de formations professionnels et l’amélioration du système de formation.

Bourama Bagayoko

Source : www.forumdespeuples.org

Lire également : "Rôle et place de la jeunesse dans la consolidation de la démocratie du Mali" par Bassidy Diabaté.

POST SCRIPTUM : déclaration finale du Forum des Peuples 2008

Déclaration de la 7ème édition du Forum des Peuples à Koulikoro - Mali :

Le monde entier traverse depuis plusieurs décennies une crise économique et sociale d’une extrême gravité. Elle se caractérise par une offensive générale du capital financier international laquelle se traduit par la destruction systématique des conquêtes sociales des travailleurs, la militarisation des relations internationales, l’intensification des guerres, de conquête coloniale et de domination impérialiste ( Irak, Afghanistan, Palestine), le chantage nucléaire, la criminalisation de l’immigration, la flambée des prix des hydrocarbures, la crise alimentaire, la poursuite effrénée des reformes meurtrières des Institutions Financières Internationales (FMI- BM-OMC), les privatisations anarchiques des secteurs vitaux de nos économies. Malgré l’extrême gravité de la situation dans le monde, le G8, ce directoire mondial informel, illégitime et antidémocratique continue à faire des effets d’annonce et des promesses non tenues. En 2005, son engagement en faveur des pays pauvres a permis l’annulation d’un montant dérisoire de 39 milliards de dollars US alors que le Continent africain à lui seul devait 215 milliards de dollar US et l’Amérique Latine 723,6 milliards de dollar US. Pour la même période, le transfert net de capitaux du Sud vers le Nord était de 354 milliards de dollar US pendant que l’aide publique au développement se réduisait comme une peau de chagrin et que le montant de la dette culminait à 2800 milliards de dollars !

La Fao (organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture) a souligné en 2008 que la part de l’agriculture dans l’aide publique au développement a chuté, passant de 17% en 1980 à 3% en 2006. Les Institutions Financières Internationales et Régionales ont baissé d’une manière drastique les ressources destinées à l’activité agricole qui est le moyen d’existence principal de 70% des pauvres dans le monde. Dans certains cas, le portefeuille de prêts à l’agriculture d’une institution est passé de 33% en 1979 à 1% en 2007 . Alors que la grande majorité des populations dans le monde souffre de manque de nourriture, quelque 2,3 millions de tonnes de riz sont actuellement stockées par le Gouvernement japonais dans une dizaine d’immenses hangars réfrigérés et risquent d’être livrés aux animaux. En terme de maîtrise de l’eau, de construction d’infrastructure, de capacités de commercialisation, d’accroissement de la production végétale et de la réduction de la faim, la FAO précise qu’il faut un investissement de 25 milliards de dollars us par an. Alors que le monde ne demande que 30 milliards de dollars par an pour relancer l’agriculture et éradiquer définitivement la faim, 1200 milliards de dollars us sont dépensés pour l’armement pendant que 862 millions de personnes meurent de faim dans le monde ! Quel scandale !

Nous participants de la 7ème édition du Forum des Peuples tenue du 06 au 09 Juillet 2008 à Katibougou –Koulikoro ((Mali),

considérant :

- L’endettement massif des Pays du Sud contrastant avec l’état de pauvreté généralisée des populations de ces pays ;
- La mise sous tutelle des économies des Etats du Sud par les privatisations et le contrôle des entreprises privatisées par les multinationales
- La volonté manifeste du contrôle de notre agriculture à travers l’imposition des OGM (Organismes génétiquement modifiés) par les firmes multinationales de semence ;
- L’imposition de la signature des Accords de Partenariat Economique ( A. P.E.) entre l’Union Européenne et les Pays ACP ( Afrique, Caraïbe, Pacifique) par la division et la signature d’accords intérimaires avec certains pays africains ;
- Le pillage systématique organisé de nos ressources naturelles par les multinationales, propriétés du G8 et des pays émergents comme la Chine, avec la complicité affichée de nos Chefs d’Etat ;
- L’existence de la crise alimentaire artificiellement créée et entretenue par le système capitaliste néolibéral pour favoriser l’introduction des OGM et recourir permanemment à l’arme alimentaire comme politique de pression et de chantage ;
- L’absence totale de la société civile par rapport à la déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide ;
- Le protectionnisme et les phobies de l’Europe qui impose d’une main des accords de libre commerce et de l’autre s’érige en forteresse assiégée, s’opposant à la libre circulation des populations du sud.

Nous participants à la 7e édition du forum des peuples de Koulikoro, Exigeons ce qui suit :

Auprès des Etats

- Le rejet des Accords de Partenariat Economique entre l’Union Européenne et les Pays ACP dans leurs formes actuelles
- Plus de transparence dans l’utilisation des recettes tirées de l’exploitation des ressources naturelles.
- La Mise en place de stratégies nationales de lutte contre la corruption
- Des démarches courageuses pour la promotion de l’agriculture paysanne (intrants, redevance d’eau, augmentation du budget de l’agriculture à hauteur de 10% du budget national)
- La prise de mesures courageuses contre les privatisations et pour l’extension des services publiques, au Mali, particulièrement, l’arrêt du processus de privatisation de la CMDT et de l’Office du Niger. Rendre justice aux travailleurs licenciés de l’HUICOMA
- L’augmentation significative des budgets alloués à l’éducation et la santé.
- L’arrêt des politiques de privatisation massives de l’école.

Au niveau international

- La Révision des politiques commerciales prônant le libre échange, source d’inégalités et d’injustice et la promotion de politiques commerciales socialement justes et écologiquement durables
- L’annulation totale et inconditionnelle de la dette extérieure des Pays du Tiers-monde
- La suppression pure et simple de la Banque Mondiale et du FMI et leur remplacement par la Banque du Sud instrument privilégié de coopération et de financement du développement sur des bases plus justes et équitables
- L’arrêt immédiat et sans condition des ingérences extérieures dans les affaires intérieures des Etats, et le respect strict du principe à l’autodétermination pour tous les peuples du monde
- L’arrêt des privatisations dans les pays du Sud, du contrôle des Entreprises par les multinationales protégées par l’Organisation mondiale du Commerce..
- L’Annulation de la directive retour dite « directive de la honte » de l’UE et la dénonciation du pacte européen pour l’exil de Nicolas Sarkozy ;
- La suppression du système FRONTEX, arsenal militaire pour protéger la forteresse européenne et arrêter les politiques répressives et racistes sur les migrations

A l’endroit des mouvements sociaux

- L’engagement sans faille des mouvements sociaux pour lutter contre la forme actuelle des Accords de Partenariat Économique
- La Sensibilisation de la population au changement de comportement de consommation en promouvant les produits locaux au profit des produits importés.
- La sensibilisation des populations aux enjeux des APE et la formation d’un front uni contre ces politiques libérales
- L’Encouragement des populations à s’approprier du contrôle citoyen de l’action publique .

Fait à Koulikoro, le 09 Juillet 2008

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