Battons nous pour notre droit au logement !
dimanche 18 octobre 2009 par Fédération Syndicale Etudiante (FSE, France)
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Depuis des années, l’Etat s’attache à démanteler le système d’aide sociale étudiante. L’an dernier, il a mené une attaque sans précédent contre les bourses sur critères sociaux, en supprimant de nombreux points de charge, à la place desquels il veut instituer un système de prêt et pousser les étudiant-e-s au salariat. Avec la crise, l’Etat ne veut plus s’embarasser d’un enseignement supérieur (relativement) ouvert : il mêne une politique de nettoyage social des facs, qu’il veut tranformer en centres de formation patronal. D’un côté, le gouvernement a donné des milliards aux banques pour les sauver de la faillite, et de l’autre on nous fait comprendre que ce sera à nous de les payer !
La même politique est à l’oeuvre pour le logement étudiant. Comme chaque été, c’est la galère pour beaucoup d’étudiant-e-s en quête de logement : pas de place en cité-U, loyers aberrants dans le privé... Combien se retrouveront sans rien à la rentrée ? Depuis des années, l’Etat refuse de répondre à cette question. Il faut ainsi nous battre et nous organiser tous ensemble pour de véritables logements sociaux à hauteur des besoins.
TROP PEU DE LOGEMENT POUR LES ETUDIANT-E-S
En 1963, la moitié des étudiant-e-s étaient logés par le CROUS, aujourd’hui seulement 7%. Depuis 40 ans, le nombre de logement en Cité-U n’a quasiment pas augmenté alors que le nombre d’étudiant-e-s a été multiplié par dix. En 2004, on prévoyait la création de 5 000 nouveaux logements étudiants par an et la rénovation de 7 000 d’ici à 2014. A ce rythme là, il faudra des décennies pour combler le déficit, d’autant plus qu’à mi-parcours, l’Etat n’a créé que 11 500 chambres sur les 25 000 prévues et n’en a rénové que 23 000 sur 35 000. A partir du 1er septembre, ce sont donc 163 000 chambres qui seront mises à disposition par les Crous, pour 2,2 millions d’étudiant-e-s. A peine assez pour loger le tiers des boursiers !
Ainsi on assiste à des cas de plus en plus fréquents d’étudiants et d’étudiantes devant trouver des solutions de fortune : chambre chez l’habitant, colocations illégales, sans domicile, squatts. Pour répondre à ces solutions, la ministre de l’enseignement supérieur a mené une politique de solution de fortune : des logements dans des conteneurs réaménagés comme au Havre, dans des casernes désaffectées à Arras, dans des fermes excentrées ou par le logement « intergénérationnel » : des étudiants qui doivent s’occuper à la place des pouvoirs publics de la santé de retraités en échange d’un logement payant.
LES LUTTES SUR LES CITES-U
Face à la logique de rentabilité des CROUS, les luttes se sont multipliées. A Nanterre, cela fait plusieurs années que les étudiant-e-s se mobilisent : l’année dernière 257 logements de leur cité-U ont été détruites et 25 résident-e-s « non rentables » ont été expulsés. le batiment F de la cité Universitaire a été occupé par des résident-e-s et l’ARENE (Association des Résidents de Nanterre) pour exiger le relogement de deux étudiants étrangers victimes de la politique de préférence nationale du CROUS. Les occupant-e-s ont fait face au mépris du directeur de la cité-U de Nanterre qui a osé dire : « Avec les travaux, nous couperons l’eau, l’électricité... Ce sera tellement inhabitable que vous serez contraint de partir de vous-même. Je sais, c’est inhumain, mais c’est comme ça, ce sont les ordres de la hiérarchie » A la Cité-U Jean Zay d’Antony, la plus grande d’Europe, les résident-e-s se mobilisent contre la destruction d’un batiment de 550 chambres dont plusieurs dizaines d’occupant-e-s n’ont pas été relogés. Le CROUS mène une politique d’intimidation, menaçant les étudiant-e-s qui restent de « retrouver leur chambre vidée en rentrant un soir » ou changeant leur serrure pendant leur absence.
NON A LA PREFERENCE NATIONALE !
Seul un certains nombres d’étranger-e-s ou de nationalités sont autorisées à être logés par le CROUS. Il s’agit là d’une politique inacceptable de préférence nationale avec des quotas variables selon l’origine de l’étudiant-e. Les étudiant—es étranger-e-s sont bien souvent classés par origine géographique ce qui constitue une véritable ghettoïsation.
De plus, prétextant le « rayonnement international des Universités françaises », les conditions d’admissions des étudiant-e-s aux cités-U retirent aux logements étudiants tout leur caractère social en privilégiant les critères pédagogiques. Il n’existe donc plus aucune prise en compte du statut social de l’étudiant-e d’autant plus que les étranger-e-s ne bénéficient d’aucune bourse sur critère sociaux. L’attribution des chambres de cité U est donc largement soumis à des critères universitaires.
NOS REVENDICATIONS
BAISSE DES LOYERS DANS LE PRIVÉ COMME DANS LE PUBLIC !
CONSTRUCTION MASSIVE ET RÉHABILITATION DE CITÉS-U !
RÉQUISITION DES LOGEMENTS VIDES !
EGALITÉ FRANÇAIS-ÉTRANGERS DANS L’ACCES AUX LOGEMENTS SOCIAUX ÉTUDIANTS !
NON AUX EXPULSIONS !
SUPPRESSION DES CONTRATS DE LOCATION PRÉCAIRE !
